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Club de Découverte des Sciences Astronomiques
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LES CALENDRIERS

 

Comment aujourd’hui pourrait-on se passer de calendrier? Si utile pour programmer le plus judicieusement possible les départs en vacances, pour connaître à l'avance les jours fériés et chômés! Cette utilisation triviale est, en réalité, à l'origine des calendriers.

Le mot calendrier vient du latin "calendes", qui désignait le premier jour du mois. Ce jour là, à Rome, on annonçait les jours fériés, et on réclamait le paiement des dettes et intérêts des emprunts. Comme le précise le Petit Robert les Grecs n'ayant point de calendes; «renvoyer aux calendes grecques" est une façon diplomatique de remettre à une date qui n'arrivera jamais ce qu'on n'a pas l'intention de faire.

 Le cycle diurne, c'est à dire la succession des jours et des nuits, règle nos actions quotidiennes. Pour se repérer à l'intérieur d'une journée on utilise principalement l'heure comme unité élémentaire.

Pour mesurer les grands intervalles de temps on comptera le nombre de jours écoulés à partir d'un jour J, pris comme point de départ.

C'est la méthode utilisée par les astronomes qui ont retenu pour jour J le premier janvier de l'an - 4712, (4712 ans avant Jésus - Christ), à midi.

 C'est un français, Joseph DE L'ESCALE DE BOURBONS, signant ses oeuvres sous le pseudonyme de SCALIGER, né à Agen en 1540, qui a eu cette idée mais qui s’avère être un peu lourde à manipuler! C'est ainsi que le premier janvier 2000 portait le numéro 2.454.544,5 et le 1 janvier 2020 le n° 2.458.849,5 [1].

Cette référence, très utile à l'astronome, ne convient, ni au commun des mortels préoccupé des seules décennies qu'il aura à passer sur Terre, ni aux historiens que les nombres à 7 chiffres effrayent à juste titre.

L'intérêt de créer des subdivisions est évident. Il le fût également à ceux de nos anciens qui s'étaient mis en tête de bâtir une chronologie commode des actes de la vie.

 Pour ce faire ils ont utilisé les phénomènes astronomiques périodiques; soit le retour des saisons, qui définit l'année, soit le retour des phases de la lune, qui définit le mois, soit encore une combinaison des deux.

On dénombre une centaine de calendriers différents. Certains d'entre - eux, construits par des civilisations aujourd'hui disparues, ne sont bien sûr plus en usage. Nous allons décrire celui adopté presque « planétairement » à notre époque: le calendrier GRÉGORIEN.

 

LE CALENDRIER GRÉGORIEN

             - Notre calendrier GRÉGORIEN est vieux de plus de 20 siècles. On peut considérer qu'il est l'aboutissement d'adaptations successives du calendrier de ROMULUS, datant du septième siècle avant Jésus - Christ. Il contenait initialement 10 mois. On lui ajouta, plus tard, deux nouveaux mois: janvier et février. C'était un calendrier lunaire, comme la plupart des calendriers anciens, Grec, Celte, ou Égyptien.

L'année comportait 355 jours. Cela ne convient pas aux civilisations des pays tempérés, dont l'économie est agricole et qui veulent disposer d'un calendrier utile à la programmation des travaux des champs; semences, moisons, devant donc être lié aux saisons, c’est à dire au Soleil.

 L'année qui mesure le retour des saisons est l'année TROPIQUE de 365,2422 jours moyens. Il manque alors 10 jours au calendrier de ROMULUS! Une joyeuse confusion s'installa peu à peu. On fêtait l'automne au printemps, on fixait la date des moissons en plein hiver etc...

C'est Jules CÉSAR (46 AV. J.-C.) qui, sur les conseils de l'astronome SOSIGENE, fonda le calendrier JULIEN. Il fixe le début de l'année au premier janvier, au lieu du premier mars comme il était de coutume.

L'année Julienne contient 365,25 jours, aussi sur un cycle de 4 ans on aura 3 années ordinaires de 365 jours et une année avec un jour supplémentaire.

Mais l'introduction d'un jour nouveau dans le calendrier n'est pas chose facile. Il faut éviter de briser les habitudes et superstitions. Finalement il est décidé que ce jour supplémentaire - jour BIS - serait le sixième avant les calendes de mars: BISSEXTO KALENDAS MARTIUS, d'ou l'adjectif " bissextile" donné aux années de 366 jours.

En l'an 325 les prélats se réunirent en concile à NICEE -IZNIK en Asie Mineure -, pour fixer la date du printemps -équinoxe- au 21 mars, et la date de Pâques au premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.

 En adoptant une année de 365,25 jours, au lieu de 365,2422, on commet une erreur de 0,0078 jour par an.

Entre le concile de NICEE en 325 [2] et 1582 (on justifiera cette date plus loin), l'erreur atteint 10 jours environ. En 1582 on fête donc le printemps[3] le 11 mars au lieu du 21. Les autorités ecclésiastiques avaient tenté depuis le quinzième siècle de résoudre ce problème; concile d'AVIGNON en 1344 puis concile de TRENTE en 1545, qui charge le pape GRÉGOIRE XIII, également professeur, de procéder à une réforme définitive.

C'est le 24 février 1582 qu'une bulle papale décide:

            -1) de rattraper le retard de 10 jours. Ainsi au jeudi 4 octobre a succédé le vendredi 15 octobre,

            -2) de prendre la valeur d'une année égale à 365,2422 jours.

 Cette réforme n'a pas été suivie d'effet immédiatement car la décision appartenait à chaque souverain et de plus elle ne fût pas ratifiée par ceux dont la religion d’État n'était pas le christianisme.

En France, fille aînée de l’Église, le lendemain du 9 décembre 1582 a été le 20 décembre.

En Angleterre le problème était plus compliqué car l'année ne commençait que le 25 mars, et ce n'est qu'en 1751 que la réforme fût appliquée.

Les pays de religion orthodoxe ne l'adoptèrent qu'au vingtième siècle.

Les historiens doivent donc être parfaitement informés des calendriers en usage dans chaque pays, pour ne pas commettre d'impairs. Tout le monde sait que la révolution d'octobre a eu lieu en novembre[4]!

Outre ce problème de consensus sur la prise d'effet du calendrier GRÉGORIEN, il restait à trouver une solution pour respecter enfin la durée de l'année TROPIQUE de 365,2422 jours.

Le calcul suivant montre que c'est très simple

365,2422= 365 + 0,25 - 0,01  + 0,0025- 0,0003

365,2422= 365           + 1/4               - 1/100            + 1/400          - 3/10.000

                      (1)            + (2)                -(3)                 + (4)                 - (5)

            1) Les années ordinaires ont 365 jours.

            2) Tous les 4 ans (années divisibles par 4) l'année possède 366 jours, c'est une année bissextile; 2020 est bissextile.

            3) Les années séculaires (divisibles par 100) ne sont pas bissextiles, bien que multiples de 4. Ainsi l'an 1900 n'était pas bissextile.

            4) Par contre les années séculaires divisibles par 400 redeviennent bissextiles et l'an 2000 a compté 366 jours.

            5) Vers l'an 3333 il conviendra de prendre une décision pour tenir compte de la dernière correction. Nos enfants ont encore le temps d'y réfléchir.

 E.BIDOUX / CDSA

 Sources:              

La saga des calendriers Jean Lefort. Éditions Belin

Le calendrier maître du temps? Jacqueline De Bourgoing  Éditions Découvertes Gallimard.

Astronomie pratique de Dumoulin Éditions Masson

Éphémérides du bureau des longitudes

Ciel Espace mai 1999 article de Jean-François HAÏT

 



[1] Jour julien

[2] En 525, le Pape Jean Ier charge un moine scythe (caucasien) : Dionysius Exiguus ou Denys le Petit, de mettre à jour les tables servant à déterminer la date de Pâques. Le calendrier de l’époque démarrait à la date de l’accession au trône de l’Empereur Dioclétien (284). Denys le Petit estimait qu’il convenait de « désigner les années en partant de l’incarnation du sauveur » et il s’attela à la détermination de la date de la naissance du Christ. En se fondant notamment sur les évangiles il la situe au 25 décembre de l’an 753 après la fondation de Rome. Le 1er janvier 754 est le début de l’an 1 de l’année chrétienne (en latin : annus Domini -  A.D). Cette année 754 aurait dû porter le numéro 0, ce qui aurait évité la polémique sur l’année de changement de siècle  (2000 ou 2001 ?), mais le 0, inventé par les Indiens et Arabes au VI siècle ne sera introduit en Europe que 300 ans plus tard.

n C’est le calendrier de Denys le Petit que le Pape Grégoire XII fit réformer en 1582.

n Jacques CASSINI directeur de l’observatoire de Paris après son père le célèbre Jean Dominique CASSINI, introduisit le 0 en astronomie à partir de 1740 : L’an -1 AV J-C est supprimé et devient l’année 0. L’an 2 AV J-C porte le numéro -1 et l’an 2000 le numéro 2000 ; ce qui simplifie les calculs algébriques.

n A noter également que l’on estime aujourd’hui la naissance du Christ entre -7 et -3 ans avant l’an 0



 
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