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:: Aurores polaires 2026

 

L’ACTIVITE SOLAIRE ET LES AURORES POLAIRES

En France, dans la nuit du 19 au 20 janvier 2026 de nombreux observateurs ont pu profiter du magnifique spectacle d’aurores boréales. Visible de la Bretagne jusqu’aux Alpes, de nombreuses photos ont été prises et publiées sur le net.


 Le 19/01/2026 en Bretagne

 

Le 19/01/2026 dans les Vosges

Les aurores polaires ont suscité la curiosité des hommes depuis très longtemps, mais ce n’est qu'à partir du XVIIe siècle qu’elles ont été étudiées scientifiquement. On ne sait si c’est Galilée ou bien l’astronome français Pierre Gassendi qui fut le premier à utiliser le terme d’aurore boréale. Au XVIIIe siècle, l'astronome britannique Edmond Halley avança que le champ magnétique terrestre serait un acteur de la formation des aurores boréales

L’explication détaillée du phénomène est complexe. Je me contenterai d’en donner les grandes lignes.

Notre soleil a un cycle d’activité d’environ 11 ans, correspondant à l’inversion de son champ magnétique. Cette activité solaire se caractérise par l'intensité de son champ magnétique et l’apparition d’un grand nombre de taches à sa surface. Le cycle actuel porte le numéro 25. Il a commencé en décembre 2019 et se terminera en 2031, avec un pic (maximum de tâches) en nov. 2025 (à confirmer).

 

 


Une éruption solaire est une explosion à la surface du Soleil (photosphère) qui se produit lorsque l'énergie stockée dans des champs magnétiques torsadés, généralement au-dessus des taches solaires, est soudainement relâchée. Les éruptions produisent une explosion de rayonnements électromagnétiques allant des ondes radio aux rayons X et gamma.

Les éruptions solaires sont classées en fonction de leur luminosité aux rayons X (en W /m²) dans la gamme de longueurs d'onde 1 à 8 Angströms. Il y a 3 catégories :

 Classe X : Evénements majeurs qui peuvent déclencher à l’échelle de la planète coupures de radio et tempêtes de radiations de longue durée.

Classe M : Peuvent provoquer de brèves coupures de radio cela affecte les régions polaires de la Terre. Des tempêtes de rayonnement mineures.

Par rapport aux événements de classe X et M, ceux de classe C ont peu de conséquences sur la Terre.

 

 

Un événement C5.9 signifie type C de 5,9 10-6 W/m2. Le 5 novembre 2003 le Soleil a produit une autre éruption classée X28. Celle du 18 janvier 2026 était classée X1.9

L’énergie libérée est dix millions de fois supérieure à celle d’une explosion volcanique. Elle peut être comparée à des millions de bombes à hydrogène explosant en même temps ! cependant elle représente moins d’un dixième de l’énergie totale émise par le Soleil chaque seconde.

La premier l'éruption solaire enregistrée dans la littérature astronomique a eu lieu en septembre 1859. Deux scientifiques, Richard C. Carrington et Richard Hodgson, observaient de manière indépendante les taches solaires à l’époque, lorsqu’ils ont vu une grande éruption de lumière blanche.

Les éruptions solaires sont fréquentes en période de forte activité solaire. Elles peuvent être suivies d’une éjection de masse coronale (CME), c'est-à-dire de particules lourdes, énergétiques : protons, électrons, etc. dans un nuage de plasma expulsé de la couronne solaire (couche extérieure du Soleil). Le plasma éjecté le 18 janvier 2026 a foncé vers nous à plus de 1000 kilomètres par seconde (1600 -selon Space Weather) : Temps de transit : 1 jour.

La vitesse moyenne observée de 1998 à 2001 est de 450 km/s, soit un transit de 4 jours.

La vitesse maximum enregistrée le 23 juillet 2012 était comprise entre : 2.900 to 3.500 km/s.

 

  

Cette CME provoque sur Terre des orages et tempêtes magnétiques. Son arrivée déforme le bouclier magnétique qui protégé le Terre appelé MAGNETOSPHERE. (Figure plu haut)

Il s’agit d’une énorme bulle magnétique qui entoure notre planète. Cette dernière n’est pas immobile et ses dimensions varient en fonction du vent solaire, en provenance de notre étoile, qui la déforme et l’étire.

Elle provient du centre de la Terre, où un énorme noyau de nickel solide, malgré des températures de 5000°C, en rotation, fournit un énorme champ magnétique, de la même manière que le ferait une dynamo qui générerait un courant magnétique.

Cette dernière nous protège des vents solaires, et dans une moindre mesure des évènements astronomiques lointains comme les supernovæ.

Lors de violentes tempêtes géomagnétiques, les éjections de masse coronales (CME), constituées de particules chargées électriquement (gaz et plasma), le côté de notre bouclier, qui fait directement face au Soleil, est fortement « compressé » et la protection peut s’affaiblir, laissant les vents solaires pénétrer partiellement dans l’atmosphère et provoqaunt le phénomène des aurores boréales.

Le processus est très complexe et dépasse le cadre de cet article. On peut cependant retenir qu’une CME peut fissurer la magnétosphère laissant le passage aux particules solaires qui atteignent l’atmosphère terrestre.

La théorie de formation des aurores prend en compte deux scénarios, qui justifient la grande variété de types d’aurore. Lorsque le vent solaire rencontre le champ magnétique terrestre, les particules qu'il contient (protons, électrons, etc ) suivent les lignes de champ magnétique qui les conduisent aux pôles.

Deux chemins sont possibles, selon les hypothèses : Voir schéma de la magnétosphère.

-              le premier est direct, vers les cornets polaires.

-              le deuxième contourne la magnétosphère, passant par la queue (côté nuit). Les particules se retrouvent alors dans un feuillet neutre puis sont accélérées vers la Terre. Ce phénomène crée les anneaux auroraux. (Voir schèma de la magnétosohère)

Quel que soit le chemin adopté, les particules chargées gagnent toujours l’ionosphère (couche atmosphérique qui s'étend depuis environ 80 km d'altitude jusqu'au-delà de 1000 km) dans la même zone au niveau des pôles appelée ovale aurorale.

La CME ultra rapide qui a frappé le Terre le 19 janvier 2026, a déclenché durant près de 3 jours de violentes tempêtes géomagnétiques. Les prévisionnistes ont été surpris par la longévité de l'événement, qui comprenait au moins 12 heures de tempêtes violentes (classe G4).

L’échelle des tempêtes magnétiques mesure l’intensité de la perturbation électromagnétique ressentie sur Terre. Elle comporte 5 classes, de G1 (mineure) à G5 (extrême)

Pour la classe G5 les impacts peuvent être les suivants :

·         Systèmes électriques : Généralisation des problèmes de contrôle de tension et des systèmes de protection, certains réseaux électriques (terrestres) peuvent totalement s'effondrer et être en panne. Les systèmes de transformation électrique peuvent être endommagés

·         Vaisseaux spatiaux et satellites en exploitation : Possible génération d'importants courants induits, problème d'orientation et de liaison bidirectionnelle et de suivi des satellites

·         Autres systèmes : Les courants induits le long des pipelines peuvent atteindre plusieurs centaines d'ampères, la propagation des radios H.F. peut être impossible pendant 1 à 2 jours à de nombreux endroits, les systèmes de navigation par satellites peuvent être dégradés pendant plusieurs jours, les systèmes de radionavigation basse fréquence peuvent être coupés pendant des heures. Les aurores sont visibles depuis de plus basses latitudes.

Les aurores polaires

Donc, après une éruption solaire (orage magnétique), une éjection de masse coronale, ou un « sous-orage »[i], des électrons et des protons énergétiques réussissent à pénétrer dans la haute atmosphère terrestre au niveau des régions polaires. Elles ionisent alors les atomes et les molécules présentes en donnant lieu à un phénomène lumineux appelé aurore boréale ou australe selon le pôle en question.

La faible luminosité des aurores fait qu’elles ne sont observables le plus souvent que de nuit.

La couleur de l’aurore, étant liée à la longueur d’onde de l’énergie incidente, dépendra du type d’atome ou de molécule qui émettra le photon, mais également de l’altitude.

 

 

 

Les principales émissions dans le visible sont dues :             

 - Aux atomes d’azote (N2), qui à 100 Km d’altitude émettant une raie violette ou bleu très peu visible,

- Aux atomes d’oxygène (O), qui, à 100 Km d’altitude émettant une raie de couleur jaune vert.

- Aux atomes d’oxygène (O), qui, à plus de 250 Km d’altitude produisant une couleur rouge foncé.

- Aux atomes d’azote (N2), qui, à plus de 250 Km d’altitude produisant une couleur rouge.

 

Prochaines aurores polaires

Autour d’un équinoxe la configuration magnétique favorise le transfert d’énergie vers la magnétosphère. Mars et septembre deviennent alors des mois statistiquement plus généreux. La nouvelle lune qui plonge le ciel dans le noir augmente les chances de déceler une belle aurore au-dessus de l’horizon.

Dates à retenir pour 2026 :

Du 16 au 21 mars 2026 (nouvelle lune 19/03 ; équinoxe 20/03).

Du 9 au 13 septembre 2026 (nouvelle lune 11/09 ; équinoxe 23/09), puis du 21 au 25 septembre 2026 même avec un peu de Lune.

 

Prévisions – Indice Kp.

L’activité solaire est suivie en permanence, notamment par les satellites dont SDO et GOES (SOHO a cesse d’être actif en janvier 2026).

Des prévisions de tempêtes géomagnétiques, reposant sur l’évaluation de la force du vent stellaire, sont remises à jour toutes le 3 heures. Elles indiquent par anticipation les possibles perturbations sur les activités humaines, car Il est important de les connaître et de les anticiper car ces tempêtes peuvent provoquer de graves dégâts (sur les satellites, sur les réseaux électriques). Pour la mesurer, on utilise l’indice Kp : échelle qui va de 0 à 9, avec un échelon supérieur appelé 9+

La force de l’indice Kp informe aussi sur la probabilité d’observer des aurores boréales. Si l’indice est supérieur à 8, il sera donné d’en voir sous des latitudes où on n’a pas souvent la chance d’en observer.

 L’indice Kp a été proposé par le géophysicien allemand Julius Bartels. Le K correspond à l’initiale du nom allemand Kennziffer, « indice ». Le p est la première lettre de l’adjectif planetarisch, « planétaire ». Camille Martinez Publié le 13/05/2024

 

 

 



[i] Le champ magnétique interplanétaire (CMI), également connu sous le nom de champ magnétique de l'héliosphère, est le champ magnétique du Soleil porté par le vent solaire à travers les planètes et autres corps du Système solaire, dans le milieu interplanétaire jusqu'aux confins de l'héliosphère.

L'héliosphère est une vaste région d'espace en forme de bulle dominée par l'influence du soleil. C'est essentiellement le "bouclier" magnétique protecteur du soleil qui s'étend bien au-delà des planètes de notre système solaire.

 

En plus des orages magnétiques (qui suivent des éruptions solaires), on s'est rendu compte que l'orientation du champ magnétique interplanétaire a aussi une forte influence sur le déclenchement des sous-orages magnétiques. Lorsque le champ magnétique interplanétaire est orienté vers le sud (dans le sens contraire du champ magnétique terrestre), des phénomènes appelés reconnexion se produisent sur la frontière de la magnétosphère (la magnétopause). Lors de ces phénomènes, cette frontière n'est plus étanche au vent solaire, et beaucoup de matière d'origine solaire s'engouffre dans l'environnement de la Terre et déclenche des sous-orages, propices aux aurores polaires.

 

Emile BIDOUX / janvier 2026

 



 
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