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:: Etoile des mages 2021

 

En décembre 2020 le « rapprochement serré » de Jupiter et Saturne, appelé également « grande conjonction » a fait la Une de la presse spécialisée en astronomie.

En rapport avec cet événement j’ai réactualisé un texte sur l’étoile des mages, publié en janvier 2018 à l’occasion de la célébration de l’épiphanie.

Ceux qui en ont déjà pris connaissance pourront se rafraîchir la mémoire. Bonne lecture.

 Emile BIDOUX
 

LES ETOILES ET LES MAGES

 
Préambule :

Les « rois mages » sont associés à l’épiphanie qui sera célébrée en France le dimanche 3 janvier 2021[i], soit le deuxième dimanche après Noël.

Mais dans les pays où c’est une fête d’obligation, en Espagne par exemple, elle est célébrée le 6 janvier.

  Quel est donc ce phénomène lumineux qui, il y a deux mille ans, aurait provoqué le départ de trois « mages », probablement de Mésopotamie (Irak actuel), en les guidant jusqu’à Bethléem en Palestine. Les religieux, les astronomes et les historiens tentent de répondre à cette question.
 

1- Pour mener cette enquête policière Il paraît normal de consulter, en premier lieu, les écritures saintes. Parmi les 4 évangélistes, Luc, Jean, Marc et Matthieu seul le dernier mentionne, sans trop insister, le voyage de Gaspard, Melchior et Balthazar.

D'ailleurs la doctrine chrétienne n'attache pas une trop importance à l'existence des mages qui auraient été guidés jusqu'à la grotte de Bethléem, où le Christ est né. 

Pourtant, même si les mages n'étaient pas des rois, il n'est pas impossible que des hommes de science de l'époque aient été intrigués par un phénomène astronomique qui les aurait mis en marche vers la Judée.

L'existence de savants mésopotamiens, là d'où Matthieu fait venir les mages, est attestée. On sait qu'il y avait à Babylone une pratique astronomique ancienne.

On a retrouvé sur des tablettes datant de 1.000 ans avant J.C. des traces de calcul des mouvements des planètes. Ces astronomes – astrologues avaient une très bonne connaissance des constellations et des prophéties bibliques annonçant notamment l’arrivée d’un messie. Il n'est donc pas inconcevable qu'un événement céleste fut interprété comme un signe et ait provoqué l’envoi d'une délégation en Palestine.

  2- Si on admet que les mages, qu'ils soient rois ou non, aient pu exister, il s'agit maintenant de vérifier si un phénomène astronomique particulier, que l'on appellera l'étoile des mages, a eu lieu à l'époque de la naissance du Christ.

L'identification d'un tel phénomène peut paraître aisée à notre époque, compte tenu de tous les moyens de calcul sophistiqués dont disposent les astronomes.

Mais ce n'est pas si simple que cela. Le premier écueil concerne la date de cet événement, (la naissance de Jésus) qui n'est pas connue avec précision.

Le calendrier que nous utilisons aujourd’hui n’était pas en usage chez les civilisations anciennes. Les Celtes, les Chinois, les Grecs, les Romains, les Mayas avaient leur propre calendrier.

 

Notons au passage que le mot calendrier vient du romain "calendes" qui désignait le premier jour du calendrier romain. Ce jour était important sur le plan social car un pontife annonçait alors les dates des jours fériés (ça existait déjà !) et les dates du paiement de l'impôt (ça existait aussi !).

D'une manière générale un calendrier sert à se repérer dans le temps. On utilise pour cela les phénomènes astronomiques.

Le jour, lié à la rotation de la Terre sur elle-même en 24 heures; le mois basé sur le retour des phases de la lune, dont la période est de 29,53 jours et enfin l'année qui mesure le temps que met la Terre pour faire une révolution autour du Soleil, et marque le retour des saisons, ce qui très important pour la vie économique dans les sociétés agricoles.

La semaine ne correspond pas à un cycle astronomique. Toutefois chaque jour de la semaine est désigné par le nom d'une des planètes, astres errants connus dans l’antiquité. Lundi - Lune, mardi - Mars, mercredi - Mercure, jeudi - Jupiter, vendredi - Vénus, samedi - Saturne et dimanche (sunday) - Soleil.

Dans l'antiquité les calendriers étaient basés sur un cycle essentiellement lunaire ; c'est encore le cas du calendrier musulman, ou un cycle luni-solaire qui introduit des corrections solaires, comme les calendriers grecs, chinois et celtes le faisaient.

 

Notre calendrier actuel est issu du calendrier romain mis en place à la création de Rome, 750 ans avant J-C. Jules César l'a amélioré en l'an 46 avant J-C. Il en a fait un calendrier solaire qui ne tenait plus compte du cycle lunaire. Le nombre de mois est passé de 10 à 12 en ajoutant janvier et février et les années bissextiles ont été crées. Le début de l'année se fêtait jusqu'à cette époque le 1er mars, Jules César l'a amenée au 1er janvier.

Ce calendrier a été utilisé pendant plusieurs centaines d'années, mais il comportait un certain nombre d'approximations qui introduisaient un décalage dans le début des saisons, donc dans les récoltes. Cela avait des conséquences importantes sur l’économie.

Le concile de Nicée, en 325, avait fixé la date de Pâques [1] mais n'avait pas réglé le problème de l'avance des saisons.

 Ce n'est que lors du concile de Trente - 1545 à 1563 - sous l'autorité du pape Grégoire XIII [2] que fût décidée l'adoption du calendrier que nous utilisons encore aujourd'hui. En France il ne fût accepté qu'en 1582 sous Henri III. Les protestants l'appliquèrent beaucoup plus tard, en 1700 pour l'Allemagne et la Suisse, en 1752 pour l'Angleterre et la Suède, au XXème siècle pour les orthodoxes (1900 en Russie).

On comprend ainsi que la date de la naissance du Christ n'est pas facile à préciser car il faut déterminer les correspondances entre les calendriers anciens et actuels.

On considère aujourd’hui qu’il convient de l'avancer de 4 à 8 ans selon les auteurs se fondant sur la mort d’Hérode et du recensement général. (Hérode Roi de Judée -37 à – 4 avant le début de notre calendrier)

Quant au 25 décembre doit être relié à une date païenne, celle du solstice d'hiver, jour le plus court de l'année (avec une erreur de quelques jours due à l'imprécision du calendrier de l'époque) qui était fêté dans l'antiquité.

$$ Pour tenter de connaître l'étoile qui a guidé les mages, les astronomes doivent donc rechercher les phénomènes célestes qui ont pu être observés entre les années 4 et 8 avant J-C.

$$ Les moyens techniques sont aujourd’hui disponibles pour le faire en se basant sur la mécanique céleste.

On constate que durant cette période s'est produit un phénomène assez rare : la conjonction multiple des planètes Jupiter et Saturne. Les planètes, dont la Terre, ne sont pas des étoiles mais des satellites du Soleil qui gravitent autour de lui. Les planètes ne brillent pas par elles-mêmes et ne font que réfléchir la lumière qu'elles reçoivent de l'étoile Soleil. L'éclat apparent de ces planètes prises isolément est supérieur à celui des étoiles du fait de proximité relative du Soleil et de la Terre ; aussi leur rapprochement peut en faire un objet très brillant et donc remarquable. Cette conjonction a eu lieu à trois reprises en quelques mois en l'an -7. Elle est mentionnée dans les tablettes d'une école babylonienne.

La première conjonction s'est produite fin mai. Elle aurait donné le signal de départ aux mages. En octobre après 4 mois de voyage, soit 1.000 Km parcourus, alors qu'ils étaient à Jérusalem, la conjonction se reproduisit. Le 1er décembre ils la revirent une nouvelle fois dans la direction de Bethléem. C'est une première hypothèse[ii].

. Cependant même dans le cas d’un rapprochement « serré », comme se fut le cas le 21 décembre 2020 les planètes apparaissent distinctement l’une de l’autre.

 La carte ci-dessous représente le ciel de la Martinique le 15 décembre 2020, soit quelques jours avant la Grande conjonction du 21 décembre.
 

 

$$ En octobre 2015 nous avons pu observer un rapprochement de 3 planètes: mars et Jupiter les 17 et 18 oct. Le 26 vénus et Jupiter et le 04 nov. Vénus et Mars.

 

 
 

$$ Il pourrait également s'agir d'une comète qui serait apparue dans le ciel.

La plupart des comètes ont pour caractéristique de revenir périodiquement nous visiter (tous les 76 ans pour la comète de Halley). On ne possède pas d'indications ou d'écrits sur le retour d'une comète qui pourrait correspondre à la date de la naissance du Christ. Cela peut être néanmoins une deuxième hypothèse car toutes les comètes ne sont pas périodiques. L’étoile à huit branches qui est traditionnellement accrochée à la crèche ou au sapin, ou autre filao, symbolise d’ailleurs une comète. Cette tradition remonte à l'an 1300 : le peintre Giotto a représenté sur son tableau « l’adoration des mages » une comète qui serait apparue alors qu'il réalisait cette oeuvre, entre 1304 et 1306, ou qu'il aurait vue précédemment.

 
$$

Les comètes appartiennent au système solaire. Elles sont « stockées » dans le « nuage de OORT » à 100.000 U.A du Soleil, ou dans la « ceinture de KUIPER », au-delà de l’orbite de Neptune.

De temps en temps l’une de ces « boules de neige sale » quitte son orbite et vient frôler le Soleil en libérant les gaz et matériaux qui s’évaporent avec l’augmentation de la température.

 

Comète Churyumov Gerasimenko

 

$$ La dernière hypothèse fait intervenir une supernova qui aurait éclairé le ciel pendant plusieurs mois à cette époque.

Une supernova est une étoile de très grande masse, qui explose quand elle arrive en fin de vie. C'est un phénomène relativement rare, mais nous avons eu le privilège de l'observer en février 1987 lors de l'explosion d'une étoile dans la galaxie du Grand nuage de Magellan situé à une distance de 180.000 années de lumière de la Terre.

L'année de lumière est une unité de distance astronomique. Elle exprime la distance parcourue par la lumière émise d'un point de l'Univers pour venir jusqu'à nous à la vitesse de 300.000 Km/s. Une année de lumière vaut donc, le calcul est simple, 10 ^13 Km (1 suivi de 13 zéros), c'est à dire dix mille milliards de kilomètres.

Ainsi la lumière qui résulte de l'explosion de la supernova de 1987 à mis 180.000 ans pour arriver sur la Terre, elle se trouvait donc à une distance de 18x10^17 Km de nous (18 suivi de 17 zéros), soit 1,8 milliard de milliards de kilomètres.

Cela signifie également que cette étoile est morte il y a 180.000 ans et que ce n'est qu'en 1987 que nous l'avons appris. On remarquera que l'astronomie permet d'une certaine façon de remonter dans le temps car plus on voit loin plus on voit "le passé" de l’Univers.

Les grosses étoiles (celle de 1987 était 50 fois plus grosse que le soleil) s'éteignent et meurent en une gigantesque explosion et un formidable éclat quand elles ont brûlé tout leur combustible : hydrogène, hélium, carbone.... Le soleil, qui est vieux de 5 milliards d'années, va lui aussi mourir dans environ 5 milliards d'années. Il est donc à mi-vie. Mais notre soleil ne possède pas une masse assez élevée pour exploser en supernova. Il deviendra une géante rouge puis finira son existence sous la forme d'une naine blanche.

Quant à la supernova de la naissance du Christ, les chroniques chinoises mentionnent la présence d'une nouvelle étoile (nova) en l'an -4. Cette hypothèse n'est donc pas à rejeter totalement.

SS SN 1987 A

SN 1987A est une supernova du Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine proche de la Voie lactée (180.000 a.l) visible depuis l'hémisphère sud. Les premières observations du phénomène ont été faites quelques heures à peine après que son éclat eut atteint la Terre, dans la nuit du 23 février 1987 par plusieurs astronomes amateurs et professionnels d'Amérique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande.

Sss Crabe

 

La nébuleuse du Crabe (M1, NGC 1952,) est un rémanent de supernova résultant de l'explosion d'une étoile massive en supernova historique (SN 1054) observée par en Chine durant la période de la dynastie Song de juillet 1054 à avril 1056

Laquelle de ces trois hypothèses, conjonction de deux planètes, comète ou supernova est la bonne ?

L'étoile de Bethléem a-t-elle jamais brillé ? Quoi qu'il en soit cela nous a permis de faire aujourd’hui un semblant d'astronomie.

 
Emile BIDOUX
Novembre 2020
 

Bibliographie :

Revues : L‘Astronomie – déc. 1990, Ciel et Espace – déc. 1993, Sciences et Avenir déc. 96

Ouvrages : La saga des calendriers de Jean LEFORT. Editions BELIN,

Guide des données astronomiques. Edition EP sciences

 


[i] La date biblique est située au 6 janvier, mais ce jour n'étant pas férié en France, car ce n’est pas une fête d’obligation, l'épiphanie est fêtée le deuxième dimanche après le 25 décembre. La date est donc variable, si ce dimanche tombe le jour de l'an, alors elle a lieu le 2e dimanche de janvier.

L'Épiphanie ou Jour des Rois est une fête chrétienne commémorant la visite des rois mages à l'enfant Jésus. Épiphanie provient du grec Epiphaneia, qui signifie “manifestation”, ainsi cette fête célèbre la manifestation de Dieu parmi les hommes.

.

[ii] En 1604, le célèbre astronome Kepler (1571-1630) a émis l’hypothèse que l’étoile qui a guidé les fameux rois mages vers Bethleem correspond à une Grande conjonction planétaire de Mars, Jupiter et Saturne qui aurait été observable de juin à décembre de l’an -7 (avant J-C). Elle aurait été précédée d’un alignement encore plus remarquable de Mercure, Mars, Jupiter, Saturne et Vénus en avril de l’an -6. A la fin de sa vie Kepler aurait abandonné cette hypothèse.



[1] Le premier dimanche qui suit la première pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps.

[2] UGO BUONCOMPANI, professeur avant son élection.
 
Annexe :  Futura sciences du 25/12/2016 par Nathalie Mayer

Astronomes, historiens, théologiens. Ils ont été nombreux, au fil des siècles, à poser des questions sur la mythique étoile de Noël. Un astre encore connu sous le nom d'étoile de Bethléem qui serait apparu dans le ciel au moment de la naissance de Jésus afin de guider les Rois mages jusqu'à lui. « Toutes ces questions, l'astrophysique moderne doit pouvoir nous aider à y répondre », prétend Grant Mathews, professeur d'astrophysique et de cosmologie à l'université de Notre-Dame (États-Unis).

Il s'est lui-même penché sur ces questions. Pendant la dernière décennie, il a étudié des archives historiques, astronomiques et même bibliques. Il est aujourd'hui convaincu que les Rois mages auraient pu suivre un alignement de planètes tout à fait exceptionnel qui a eu lieu en l'an 6 av.J.-C.

 

 

Capture d'écran de l'application SkySafari5, carte du ciel virtuelle permettant comme ici de reconstituer le ciel en l'an 6 avant J.C. Le 18 avril de cette année, le Soleil était dans le Bélier et la nouvelle lune était à proximité (d'ailleurs une éclipse annulaire était visible ce jour-là en Atlantique). Les planètes Jupiter, Saturne et Vénus étaient alignées en dessous, dans le Bélier et les Poissons. Plus haut, Mars et Mercure brillaient dans le Taureau, non loin des Pléiades. © SkySafari5 

 
Un alignement extraordinaire de corps célestes

Car l'astrophysicien a découvert que le Soleil, Jupiter, la Lune et Saturne étaient alors regroupés dans la constellation du Bélier. Vénus, quant à elle, apparaissait dans la constellation voisine des Poissons et Mercure et Mars, dans celle du Taureau.

Selon les croyances anciennes, la présence dans l'alignement de Jupiter et de la Lune annonçait un souverain à la destinée exceptionnelle. Celle de Saturne symbolisait le don de la vie. Le fait que le regroupement ait eu lieu dans la constellation du Bélier -- alors également point vernal -- augurait finalement une naissance royale en Judée.

 
 
Novembre 2020

  



 
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